Le 30 décembre 2011, le sénateur maire de Cagnes sur Maire avait donné à André Giordan et moi-même son feu vert pour que sa commune organise en 2013 un événementiel sans équivalent dans la région dans lequel plusieurs experts viendraient partager leurs préoccupations environnementales sur la Méditerranée en grand public.

Après plusieurs péripéties et rebondissements, cet événement a pu se dérouler le 25 novembre dernier avec une programmation dont André et moi ne sommes pas peu fiers :

14 h 00 / 14 h 30 : Accueil du public et inauguration par M. Nègre, sénateur-Maire

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14 h 30 / 17 h 30 : Le grand débat « Avis de grande tempête sur la Méditerranée ? Comment l’empêcher »

14 h 30 – 15 h 00 : Ouverture du débat avec 2 intervenants : En quoi la tempête environnementale qui se dessine sur la Méditerranée est-elle inédite ?

Professeur Henry de Lumley, préhistorien, professeur émérite au Muséum national d'histoire naturelle et directeur de l’Institut de paléontologie humaine, membre de l’Académie des sciences Gilles Bœuf, Président du Muséum national d’histoire naturelle

15 h 00 – 15 h 45 : 1ère partie du débat avec 4 intervenants : Vu de la Côte d’Azur, comment se dessine la tempête ?

Pierre Carrega, professeur des Universités, Université de Nice/Sophia-Antipolis Rodolphe Lemée, Maitre de Conférence à l'Université Pierre et Marie Curie, et Directeur Adjoint de l'Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-mer Alexandre Meinesz, directeur du laboratoire environnement marin littoral, CNRS/Université de Nice-Sophia-Antipolis Louis Nègre, sénateur-maire de Cagnes-sur-mer Nadia Ounaïs, Opérationnel Institut océanographique, Fondation Albert Ier

15 h 45 / 16 h 00 : Pause, dédicaces

16 h 00 – 17 h 30 : 2ème partie du débat avec 5 intervenants : Vu de l’ensemble de la Méditerranée, quelles sont nos capacités d’empêcher la tempête dans cette région du monde ?

Jean-Eric Aubert, Expert international en politique d'innovation, ancien chef de programme à la Banque mondiale et à l'OCDE Gilles Bœuf, Président du Muséum national d’histoire naturelle André Giordan, Université de Genève Mohamed Larbi Bouguerra, ancien chercheur au CNRS, expert sur les questions environnementales méditerranéennes Hugue Ravenel, Directeur du Plan Bleu

17 h 30 / 18 h 00 : Pause et dédicaces (avec notamment Boris Cyrulnik et les intervenants)

18 h 00 / 19 h 00 : Réconcilier l’homme avec lui-même … et avec la nature – Un enjeu fondamental de ces prochaines années

Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste

A cette occasion, Sophie que j'avais rencontré quelques mois plus tôt a spontanément souhaité écrire un compte-rendu de ces rencontres qu'elle m'a fait parvenir. Je le rapporte tel quel ici et la remercie.


"Méditerranée et quête de sens Une journée de débats sous l'initiative de la ville de Cagnes-sur-Mer

Le 24 novembre dernier, j'ai eu le plaisir d'assister aux rencontres co-organisées par la ville de Cagnes-sur-Mer et l'organisateur de congrès Inexens, portant sur les enjeux environnementaux qui se dessinent autour de la Méditerranée. Conscient de la tempête qui gronde au-dessus de l'écosystème que représente le littoral méditerranéen, Louis Nègre, Sénateur-Maire de Cagnes-sur-Mer, a inauguré cette journée devant un public de 150 personnes.

Pas moins de 11 intervenants se sont déplacés pour offrir aux citoyens un débat ouvert et participatif. Loin des discours alarmistes sur l'environnement, il fut question des problématiques réelles et des actions menées par les chercheurs et les communes. Professeurs d'Universités, experts et directeurs d'organismes divers se sont prêtés au jeu des questions-réponses. Le constat est simple : la mer Méditerranée, riche d'une grande diversité biologique, subit les ravages du développement humain. Sur la Côte d'Azur, le visage des rivages a changé et les conséquences s'en ressentent jusque dans les fonds marins. Les différents acteurs sont prêts à relever les défis qui se présentent à eux : préserver la biodiversité du littoral tout en l'inscrivant dans l'évolution de l'homme. C'est par le partage des connaissances scientifiques que les décideurs locaux, mais aussi l'ensemble des citoyens, pourront transformer la menace en une tempête d'actions.

Au-delà de l'échelle locale, c'est sur l'ensemble du pourtour méditerranéen que le combat prend place. Les citoyens de la rive Sud ont aujourd'hui récupéré la parole et les politiques sont conscients que notre mode de développement a atteint ses limites. La salle du Casino Terrazur, qui a accueillie les débats, résonne encore des mots de Gilles Bœuf : "humilité, partage et harmonie", mots autour desquels une nouvelle vision du monde est à créer.

Quelle sera alors, dans les années à venir, la place de l'homme dans la nature ? C'est pour la plus grande joie du public que Boris Cyrulnik, invité exceptionnel de cette journée, est venu nous apporter un éclairage sur cette difficile question. Un phénomène naturel ne devient une catastrophe naturelle que lorsque l'homme y souffre la perte de ses repères culturels. Or aujourd'hui, la tempête que nous traversons est d'origine humaine. Pour se réconcilier avec lui-même, l'homme doit comprendre qu'il ne fait pas que participer à l'environnement, il le modifie. Les portes se sont refermées sur ces dernières considérations. Pour nous tous, citoyens engagés, il ne reste plus qu'à espérer que de telles rencontres se multiplient sur notre beau littoral. Et que les rives Nord, Sud et Est de la Méditerranée continuent à collaborer à la protection et l'évolution de leur patrimoine naturel et culturel." Sophie Bono-Lauriol