Il aura fallu coup sur coup deux informations de portée mondiale pour que je sorte de mon silence. Et ces deux informations ne concernant ni la crise économique menaçant notre planète, ni la crise écologique toute aussi grave pour le devenir de notre monde.

La première en remontant les heures qui viennent de s’écouler concerne la disparition d’un homme dont je ne savais presque rien, Steve Jobs. Je n’ai aucun des outils que cet homme a inventé et qui ont révolutionné la partie de l’humanité qui a les moyens de se les offrir. Néanmoins, incontestablement, je n’ignore pas que cet inventeur était certainement un génie en révolutionnant à ce point la communication dans le monde, communication qui le lui rend bien à travers les innombrables hommages qui sont diffusés après sa disparition.

La seconde information remonte à la fin du mois de septembre. Une équipe de chercheurs du CNRS aurait découvert que des neutrinos dépassent la vitesse limite de la lumière. Cette découverte nécessite d’autres vérifications scientifiques, même si la prudence remarquable du directeur de cette recherche ne cache pas que les premiers contrôles ont été multipliés avant de publier une telle annonce.

Il serait complètement ridicule de vouloir comparer ces deux informations qui, chacune dans leur registre, représentent un coup de tonnerre pour notre humanité. Un génie nous quitte. Une partie des bases sur lesquelles repose la physique pourrait s’effondrer. Nul doute que la portée de ces informations n’aura pas la même ampleur dans les semaines qui viennent. Nul doute que Steve Jobs demeurera encore longtemps un objet de publications tantôt rendant hommage à son génie et ses découvertes, tantôt critiquant ses méthodes.

Qu’on ne s’y trompe pourtant pas. Si la découverte du CNRS devait être confirmée, l’humanité connaîtra l’un de ses tournants dans la connaissance qui changera le cours de notre appréhension du monde, une révolution de pensée aussi puissante que celle qui accompagna la théorie d’Einstein avec la relativité.

Ce qu’il manque à une grande partie d’entre nous pour apprécier la portée géniale ou/et universelle de certaines découvertes, c’est un Grand Témoin qui puisse allier le génie communicant d’un Jobs au cheminement de pensée d’un Einstein. Ce qu’il nous manque pour apprécier la créativité humaine en pleine essor à l’heure où les crises s’entremêlent aujourd’hui, c’est une grille de lecture quasi-instantanée qui nous permette d’en suivre l’éclosion et d’en partager les développements. Ce qu’il faut à notre société en perte de repères, c’est une interface intelligente permettant d’entrer en communication avec toutes ces intelligences, anonymes ou pas, qui sont en train de contribuer à la mutation dont notre monde a tant besoin.

J’ai décidé de me lancer dans cette voie. Moi qui ai la chance de développer des Rencontres publiques où les savoirs sont partagés à l’image de ce que j’ai pu faire cette année par exemple à Vence, La Gaude, Mougins, je me rends également compte que ces moments de partage appellent à une durabilité. Aussi suis-je en train de travailler à penser ce trait d’union avec le temps, ce moyen pour chacun d’entre nous de rester connecté avec des idées que nous voudrions suivre, voir grandir, aboutir. En appelant à cette construction, je constate que d’autres esprits rejoignent cette aspiration, et qu’il nous faut apprendre à travailler ensemble pour mettre en commun nos idées, et notre inventivité. Avant de rassembler les hommes autour de leur créativité, il nous faut étalonner notre sens commun autour d’une nouvelle manière de communiquer au sein de notre groupe. Quelque chose de tout à fait remarquable est en train de se produire, dont DEFISMED sera le 1er aboutissement dès 2012 je l’espère, et que je souhaite partager ici régulièrement.

Après avoir pris conscience de cette nécessité humaine d’installer une société des savoirs, nous serons de plus en plus nombreux à non seulement découvrir que l’ingéniosité humaine n’est pas morte avec Steve Jobs, mais que celle-ci puisse aller, elle aussi, plus vite que la vitesse de la lumière.