Il y a quelques jours, j’ai assisté à la 2e partie d’un Workshop organisé par une association méritante sous la direction de Stéphanie Godier dont j’apprécie depuis plusieurs années le dévouement pour la science et les qualités humaines. Il s’agissait de savoir comment « communiquer la science ». Des directrices d’organismes de recherche de référence étaient venues apporter leur témoignage. Il ne m’a pas paru surprenant d’entendre celles-ci évoquer principalement une communication destinée au monde de la Recherche et industriel. En revanche, mon sourcil a frémi lorsque je les ai entendues parler de la communication à l’égard du grand public. Elles ont évoqué les difficultés de cette pratique et regretté que les journalistes se prêtaient mal à ce jeu.

Certes, mais comment stigmatiser la profession de journalistes lorsque soi-même on n’est guère porté et formé à dialoguer avec cette corporation ? Ces responsables de la communication scientifique ont avoué que les organismes de recherche n’étaient guère préparées à défendre auprès de la société civile leurs découvertes souvent complexes et difficile à vulgariser. Mesdames, est-ce que la communication scientifique, de nos jours, se cantonnent encore à de la vulgarisation lorsqu’elle se met en rapport avec la société civile ? c’est dans cet esprit que j’ai pris la parole, devant un auditoire professionnel silencieux, afin de leur demander si elles avaient pensé qu’il était aussi de leur devoir d’accueillir les grands questionnements de la société à l’égard de la Recherche ? Les OGM, les nanotechnologies, la bioéthique, les pollutions ne sont pas des sujets réservés aux seuls experts. Qu’en est-il de leur formation ?

Et bien figurez-vous que leurs réponses m’ont explicitement exposé qu’elles n’étaient pas préparé à ce genre de dialogue, et s’il fallait organiser de telles rencontres, il faudrait s’adresser à Paris dans les sièges ! Pauvre azuréens obligés de prendre un moyen de transport pour accéder à leurs requêtes concernant les implications de la Recherche dans leur vie. Etrange tout de même ces réponses qui n’ont pas semblé gêner leur auteur ni l’auditoire.

Ce que j’ai vécu là est comparable a ce que j’ai expérimenté lors de mon animation du 4e Forum « Les religions à l’épreuve de la science ». A la question « Dieu échappe-t-il toujours à la science ? », la plupart des autorités religieuses, à l’exception bien sûr de Thierry Magnin, ont montré qu’elles n’étaient guère préparé à aborder ce type de question, n’étant pas formé à la science. Et même si nous avons pu une nouvelle fois apprécié l’intelligence et la qualité des prestations de chacun, l’auditoire aura pu mesurer le vide qui existe entre ces champs de savoirs.

Il y a encore beaucoup de chemins à effectuer par les uns et les autres pour se rencontrer. Le monde auquel nous pouvons aspirer, intelligent et sage, ne naîtra pourtant que de tels partages. Raison de plus pour y contribuer.