Voici 4 mois que j’ai conservé le silence, décidant de ne pas intervenir sur mon site. Histoire de prendre du recul avec moi-même et l’instabilité dans laquelle ma profession était entrée. Durant ces 4 mois, je n’ai cessé de travailler ardemment à de nouveaux projets, et notamment DEFISMED dont les ambitions m’ont garanti des nuits tourmentées.

Si je romps le silence aujourd’hui, ce n’est pas pour témoigner du chemin parcouru durant ces 4 mois qui nécessiteront plusieurs billets comme celui-ci. Mon vœu est de partager tout simplement la rencontre de deux anonymes qui ont enrichi ma vie, et éclairer le sens que je lui donne.

LA 1ère RENCONTRE

Tout d’abord, il y eu la rencontre de Denis. Elle s’était effectuée il y a près d’un an, alors que celui-ci assistait au 7e Forum « Sciences & défis du XXIe siècle ». Il me fit part, à la conclusion de ce Forum, de son prochain choc de ne pas voir un tel événement mieux diffusé dans sa publicité, et de se plaindre de l’assistance trop faible compte tenu de la qualité d’une telle Rencontre.

Je le remerciais poliment, mais avant de le quitter, Denis me fit la proposition de recréer le site Internet de Sapience. Je ne pus que le féliciter d’une telle initiative que la Direction de Sapience loua avec enthousiasme. Malgré le fait que Denis ne soit pas qualifié professionnellement en informatique, il se chargea de cette tâche au-delà de tout ce que l’on pouvait espérer.

Par je ne sais quel entêtement, il s’engagea à numériser tous les enregistrements des débats sur 7 ans en possession de Sapience, puis de les diffuser sur le site. Je dois avouer au début que j’étais dubitatif. Lorsque durant l’été, Denis contacta la Direction de Sapience pour afficher son résultat, je n’e crus pas mes yeux et mes oreilles. Cet homme, bénévolement, avait réussi l’impensable, en consacrant de nombreuses heures de son temps libre à exhausser son vœu. Un nouveau site SAPIENCE est né. Voici que 8 années de débats parmi les plus magnifiques, d’une revue de presse unique en son genre, d’entretiens avec des chercheurs se retrouvaient là, à la disposition de tous. 8 années d’investissement à la portée du plus grand nombre. Je défis quiconque de trouver un site équivalent dans toute l’Europe, où le dialogue trouve sa plus grande vertu, où le partage entre experts et profanes trouve ses plus beaux aboutissements.

Certes, il y en aura pour m’accuser de complaisance avec moi-même en figurant largement sur ce site. Ceux-là me connaissent bien mal. Peu importe ! Je sais que, tout comme durant les débats, les internautes ne retiendront de leurs visites que les paroles des experts en oubliant mes animations.

Je ne peux que répéter ici mes profonds remerciements à Denis pour ce qu’il a fait. Quelle que soit l’issue de mon entreprise, je sais que grâce à lui ce que j’ai contribué modestement à développer avec Sapience portera durablement ses fruits.

LA 2ème RENCONTRE

Il y a désormais plus de 15 jours, tandis que j’animais 2 conférences pour Bio’Grasse organisée par la ville, je faisais la connaissance de l’un des intervenants, Sébastien Viaud. Ce fut une rencontre profonde où je découvrir un homme d’une grande simplicité, obscur professeur de sports dans un collège parisien tout aussi obscur. Cet homme revenait d’un tour du monde effectué quelques mois plus tôt et dont il tira un film que l’on peut découvrir sur Internet et qu’il s’efforce de partager à travers l’association qu’il a créée.

Au départ, ce sont ses élèves inscrits à son Club Environnement qui lui demandent ce qu’ils peuvent faire pour préserver ce même environnement. Sébastien fait des recherches afin de savoir où trouver des gens ordinaires qui œuvrent de manière extraordinaire pour leur environnement. Il est tombé sur les Prix « Gold men », récompensent équivalentes aux Prix Nobel de l’environnement, remis par une Fondation américaine. Il a décidé, sur une grande partie de ses économies, de prendre une année sabbatique et d’aller rencontrer certains de ces lauréats, vivre une à deux semaines avec eux, et extraire de ces rencontres de vie un film. Pour préparer cette année, il s’est formé pendant 3 ans à la photographie et à l’Espagnol.

Que dire si ce n’est qu’ils sont certainement plus nombreux qu’on ne le croit à s’engager de la sorte, sortant du quotidien de leur vie pour aller au bout de leurs convictions, dépouillé de tout intérêt personnel. Sébastien deviendra, je le souhaite, un ami avec le temps. J’espère que nous aurons l’occasion de construire ensemble quelque chose, comme avec Denis et tant d’autres anonymes. Pour cela, il faut savoir forcer ses résistances. Elles ont été personnellement grandes ces 4 derniers mois. Elles le sont beaucoup moins aujourd’hui et me permettent d’envisager mon avenir professionnel avec plus de d’espoir.