J’ai la chance d’habiter une ville, Nice, à qui son Maire, Christian Estrosi, souhaite conférer, avec une belle énergie, le statut de carrefour intellectuel de la Méditerranée. Nice a présidé pendant deux ans (est-ce encore le cas ?) un réseau, EuroMed Villes, qui réunit plusieurs dizaines de communes des deux rives, bien que ce réseau se confonde avec d’autres de même nature qu’il est difficile de distinguer, et pour lequel je n'ai pas trouvé de site Internet.

J’ai assisté récemment à une partie d’un événement public organisé par la ville et qui s’intitulait « La culture au cœur des relations méditerranéennes", en partenariat avec l’IRIS. En tant que président de DEFISMED, c’est avec une certaine fierté que j’ai pu découvrir pour la première fois une action de ce genre conduite par ma ville d’adoption. Etant donné le programme annoncé, je ne peux que louer ce genre d’initiative, intelligente et constructive.

Néanmoins, en assistant à cet événement, une certaine confusion demeure dans mon esprit quant aux motivations qui ont conduit les deux premiers interlocuteurs fonctionnaires de cette même ville à critiquer le projet DEFISMED, dont il n’est pas besoin ici de rappeler que l’association est niçoise. Les principaux arguments qui m’ont été communiqués pour expliquer l’absence d’intérêt pour Nice de soutenir DEFISMED relevaient de 3 points : 1) La nature trop large du sujet exploré par DEFISMED (les échanges de savoir en Méditerranée, notamment dans le domaine du développement durable) ; 2) Le risque de mobiliser une faible assistance parmi le public ; 3) L’illégitimité de soutenir une association comme DEFISMED alors que la ville de Nice est en mesure par elle-même d’investir dans un projet similaire.

Ces arguments sont tous incontestables. Ma question est de savoir pourquoi ils ne devraient s’appliquer qu’à DEFISMED. Au vu de l’événement précité, j’ai pu constater que :

1) Son sujet « La culture au cœur de la Méditerranée » n’échappe évidemment pas à la critique d’un traitement d’une journée sur un thème très large et englobant de nombreuses notions (Pourquoi se référer à « Une » culture ? de quelles cultures parlons-nous ? De quelles relations méditerranéennes ?, etc.). Lorsque je consulte le programme, je constate qu’un sujet traitait de « Le politique et le religieux dans les sociétés est et sud-est méditerranéennes ». Pourquoi ce sujet, au demeurant fort intéressant ? Quel rapport avec la ville de Nice (ce n’est pas précisé) ? Enfin, 4 animations faisant la part belle à des exposés (amputées partiellement de certains intervenants ayant annulé leur déplacement). Est-ce suffisant pour prétendre explorer une telle thématique ?

2) Malgré le sérieux de l’investissement de la ville de Nice dans cet événement (partenariat avec l’IRIS, salle magnifique de 600 places, cabine de traducteurs pour la journée), j’ai pu constater une audience réunissant environ 60 spectateurs (dont des intervenants et invités) et très peu d’anglophones

3) Je ne doute pas de la légitimité de cet événement à Nice (je n’ai pas pu assister aux allocutions de lancement) mais j’aurais aimé que cette corrélation soit indiquée dans le programme annonçant l’événement. Quel projet concret Nice a-t-elle dans les relations culturelles méditerranéennes ? En quoi DEFISMED doit-elle être disqualifiée par sa ville adoptive ?

N’en déplaise à certains, les questions que je pose valent autant que celles qui m’avaient été soumises lors d’un premier entretien. La différence, c’est que je considère l’initiative de la ville de Nice comme encourageante. Je suis bien placé dans mon métier pour savoir qu’il est difficile, à travers un événementiel, de prétendre être exhaustif sur un sujet, de rassembler un public nombreux, et d’inscrire cet événement dans une continuité.

C’est bien pourtant l’ensemble de ces défis que DEFISMED va s’efforcer de relever, après une étude de près de 2 années en ce sens. Il est dommage, à l’heure où j’écris ces lignes, que la ville de Nice n’ait pas encore souhaité s’associer à notre projet de manière active. Lorsque je partage des initiatives comme cet événement précité, mes regrets ne peuvent qu’être plus vifs. Néanmoins, rien n’est définitivement arrêté et nous pouvons toujours aspirer, au sein de DEFISMED, trouver dans le futur une bonne intelligence avec des interlocuteurs de cette magnifique ville à laquelle nous pouvons rendre hommage pour son investissement dans la culture méditerranéenne.