Et si les sociétés civiles méditerranéennes entraient à leur tour dans le royaume de l'intelligence ? Par cette remarque quelque peu désobligeante, j'invite les lecteurs de ce billet à considérer attentivement l'ambition qui est la mienne avec DEFISMED. Je ne prétends évidemment pas que lesdites sociétés civiles soient composées d'individus dénués de raison et de bon sens. J'évoque ici les intelligences collectives dont les sociétés savantes semblent avoir seules le monopole. Cette intelligence collective met en place des réseaux et savoirs qui cohabitent habilement pour non seulement progresser dans les connaissances mais également favoriser les expressions sur ces mêmes connaissances acquises.

Face aux défis majeurs que soulève aujourd'hui notre environnement sérieusement bouleversé, les sociétés savantes ont mis en place ces intelligences collectives qui sont pour la plupart très intéressantes à découvrir. L'interdisciplinarité illustre certainement le mieux ces efforts de résonnance où des savoirs et modes de fonctionnement différents vont essayer de construire une association nouvelle, et donc une intelligence différente. Notre environnement nous interpelle à travers des problématiques inédites que nos outils classiques ne peuvent seuls appréhender. Les défis environnementaux communs aux rives méditerranéennes nécessitent la mise en place d'intelligences collectives plus exigeantes encore, mettant en présence des cultures différentes.

Loin de ces sociétés savantes, les sociétés civiles, bien que concernées au premier chef par le devenir environnemental de notre existence, n'ont pas encore été capables d'organiser des intelligences collectives pour, à leur tour, appréhender ces défis. Néanmoins, je suis le témoin depuis plusieurs années d'expériences elles aussi intéressantes qui tendent à répondre à ce déficit. De plus en plus, des sites Internet, des expériences de terrain, des événements contribuent à sensibiliser la société civile française à partager et participer aux enjeux contemporains liés à la Recherche. Les conférences de citoyens illustrent cette tendance, tout comme l'excellente initative du Conseil régional Ile-de-France avec les PICRI.

Dès lors, DEFISMED lance un pari fou. Pourquoi ne serait-il pas possible de joindre ces différentes initiatives collectives inventant de nouvelles intelligences sur la Méditerranée ? Pourquoi ne pas rêver voir les sociétés savantes et les sociétés civiles se rejoindre et bâtir ensemble des modes de recherches et réflexions concourant à améliorer nos modes de vie ?

Les sociétés savantes ont été les premières à être invitées à soutenir DEFISMED dans cette entreprise avec quelques voies prometteuses. Je suis en train d'activer le monde lycéen ainsi que celui universitaire tout en créant un portail Internet ludique et accessible au plus grand nombre. Objectif : améliorer considérablement la visibilité de certains programmes de recherche exemplaires en Méditerranée qui font face aux risques environnementaux, et inviter les sociétés civiles à participer à ces programmes.

Les résistances et doutes sont encore nombreux. Mais qui ne tente rien n'a rien...