25/02/2010 : L'article ci-dessous a suscité une vive émotion de l'une des deux fonctionnaires auxquels je fais référence dans un court passage, si j'en crois son appel téléphonique de ce jour. Celle-ci a décrété que DEFISMED était devenue de ce fait indésirable pour la ville de Nice et qu'elle ne souhaitait plus entretenir de contacts avec moi. Mon sang n'a fait qu'un tour. Est-il exact que j'ai prétendu "supérieur" mon projet à ceux défendus par la ville de Nice ? Ce serait là une inéptie en soi de ma part d'autant plus que je ne connais pas les projets niçois concernés. Est-il offensant de ma part de considérer que ces deux fonctionnaires sont "amis" (car c'est tout ce que je vois comme qualificatif pouvant choquer) ? A tous ceux (hélas sans doute peu nombreux) qui lirez ou relirez cet article, je vous laisse juge de ma maladresse ou pire de l'insulte que je semble avoir proférée en écrivant ces lignes à quelques jours de Noël. Et je suis sincèrement désolé si j'ai offensé cette personne dont je ne doute une nouvelle fois pas de son intelligence et de sa susceptibilité.
Faut-il désormais renoncer définitivement à la participation de la ville de Nice pour ce projet comme je le faisais déjà allusion il y a 2 mois ? Ma rencontre d'aujourd'hui avec un Haut fonctionnaire me convainc que non. Cet homme, bien qu'informé du courroux de mon interlocutrice précitée, m'a assuré de son ouverture au projet et d'une éventuelle participation sous forme d'une animation au festival. Je lui en suis fort gréé même si je sais que, pour cela, DEFISMED, devrai lui apporter des assurances quant à la qualité de son projet.
Alors que je publiais hier sur ce même site un article sur la notion de "dialogue", je ne peux que constater avec amertume combien, malgré mes efforts, je ne parviens parfois pas à l'obtenir sur le terrain. Accusé de faire du "forcing" par cette fonctionnaire en colère, j'ai rappelé modestement à mon interlocuteur de ce jour que le dossier étant entre les mains de la ville depuis 5 mois, ayant pris la peine de la lui remettre 14 mois avant son échéance.
Aux yeux de certains, je manquerai de patience. Je rappelle qu'en tant que, moi aussi, fonctionnaire (en disponibilité), j'ai eu à maintes reprises l'occasion d'expérimenter ce que pouvait signifier "attendre" avec un dossier comme celui de DEFISMED pour une collectivité publique. N'ayant plus eu de nouvelles de mon interlocutrice attitrée depuis début janvier à propos du projet, au moins aurai-je obtenu un contact direct de sa part aujourd'hui qui m'aura permis de connaître le véritable fond de sa pensée. Dommage que ce soit dans cet état d'esprit, ce qui illustre bien mes propos finaux de l'article qui suit.




Depuis plusieurs mois, le projet DEFISMED mobilise un nombre grandissant d'acteurs concernés par l'Euro Méditerranée, principalement concentré à Paris. Chercheurs, responsables de coopérations euro méditerranéennes, dirigeants d'associations, j'ai eu le bonheur de correspondre avec une soixantaine d'interlocuteurs et pouvoir rencontrer certains d'entre eux lors de mes déplacements. Une très grande majorité d'entre eux m'ont affirmé considérer avec intérêt ce projet et le soutenir intellectuellement et moralement. C'est beaucoup et trop peu à la fois. Manquent encore les financements...

Est-ce une trop grand naïveté de ma part, ou bien une confiance exarcerbée dans ce projet (ce qui revient presque à la même chose), mon premier contact avec des fonctionaires de la ville de Nice avait été fort prometteur. Le Directeur du service concerné par DEFISMED m'a accueilli pendant une heure fort constructivement, considérant qu'il ne ferait aucun doute que le ville de Nice et son Maire, M. Estrosi, appuierait une telle initiative. Notre Ministre de l'Industrie n'a-t-il pas exprimé clairement sa volonté de voir sa ville devenir le carrefour intellectuel de la Méditerranée ? Belle promesse en vérité qui n'a fait que décupler ma volonté d'asseoir ce projet dans cette belle ville que j'habite depuis maintenant 9 ans.

Et puis, patatras ! Il se trouve que le Directeur et son assistante qui m'avaient reçu avec tant d'égards se sont vus confiés d'autres missions, laissant le dossier à son sort. Ce sort , semble-t-il, l'a conduit au Cabinet du Maire où la rumeur qui m'est parvenue destinerait DEFISMED à plonger du haut des Calanques grecques, ce qui, pour un projet méditerranéen pourrait être une noble fin, mais qui serait tout de même une fin. Inutile de vouloir vérifier la rumeur et de pénétrer le Cabinet de M. le Maire où bien je risquerai de me retrouver dans la peau de Sysiphe condamné à répéter sans cesse et dans l'indifférence générale le port de son projet sans cesse reconduit à son départ. Parallèlement, la nouvelle Directrice qui remplaça mon interlocuteur précédent, me reçut très vite en compagnie d'un de ses amis, lui-même occupant un poste à responsabilité à la Communauté d'agglomération de Nice. Le ton fut bien différent, bien que fort courtois. Il fallut en quelques minutes que je fasse la preuve devant ces deux personnes que mon projet valait bien mieux que tous ceux qu'ils possédaient dans leur carton et qu'ils jugeaient équivalents au mien. Inutile de le cacher. Je ne fus de toute évidence pas à la hauteur du défi de convertir mes interlocuteurs sceptiques envers DEFISMED. Rien n'y fit, ni l'originalité de projet, ni sa capacité mobilisatrice, pas même son Comité scientifique. La porte ne me fut toutefois pas fermée. Il m'a été demandé de présenter un programme concret démontrant l'ambition affichée du projet, à savoir exposer 12 défis majeurs communs aux rives de la Méditerranée. Ce programme est depuis 10 jours entre leurs mains et j'attends la réaction de mes interlocteurs qui va probablement influer grandement sur la destinée du projet.

Depuis cette péripétie, et après un nouveau séjour à Paris mais également à Aix-en-Provence, je ne cesse de m'interroger sur la bonne orientation du projet. Autrefois certain de sa destination niçoise, force est de constater qu'il ne sera pas si évident de la faire accepter en ce lieu. J'en suis déconcerté, au même titre que l'équipe de DEFISMED qui m'entoure, toute azuréenne. Il nous paraissait tellement évident qu'un tel dossier, brillant et déjà bien avancé, recevrait un tout autre accueil. Pour la première fois, une ville s'afficherait avec le Festival DEFISMED comme la première dans toute la Méditerranée à accueillir des coopérations savantes dans une configuration les invitant à partager leurs recherches avec le grand public. Comment est-il possible de ne pas examiner d'un peu plus près une telle proposition ?

A cela, il existe probablement plusieurs raisons. Celle qui prédomine provient du fait que le projet DEFISMED est très ambitieux, trop peut-être pour des pouvoirs publics invités à déléguer à une association les ressorts d'un événement dont le rayonnement dépassera largement les frontières citadines. Ce ne sont pas les faiblesses du projet qui le remettent en question, mais bien ses atouts.

Dès lors plusieurs questions se posent au porteur de ce projet que je suis. Faut-il renoncer à celui-ci ? Il serait absurde à ce stade de répondre par l'affrimative alors que les partenaires potentiels sont en train d'examiner leur soutien dont une bonne partie a déjà réservé un accueil favorable. Faut-il renoncer à Nice ? Là encore, il serait prématuré de répondre. Les interlocuteurs que j'ai rencontrés sont des personnes intelligentes et ouvertes aux problématiques de la Méditerranée. Tous deux ont déjà de belles expériences dans cette zone géographique. Il m'est impossible de penser que le programme DEFISMED ne les sensibilisera pas. Et puis, il existe des membres du Conseil scientifique et certains interlocuteurs qui auront certainement la possibilité de contacter directement M. Estrosi en faveur de ce projet.

Au risque néanmoins de condamner prématurément un tel projet, je ne peux miser sur Nice seule dont je n'oublie pas que son accueil premier n'a pas été des plus favorables. Plusieurs contacts haut placés m'ont recommandé de me tourner vers Marseille qui est toute indiquée pour examiner un tel projet en tant que carrefour culturel de l'Europe et de la Méditerranée, qui prendra effet officiellement en 2013. Il est vrai que l'offre est tentante.

Si j'ai voulu témoigner ici des interrogations que suscite DEFISMED auprès des pouvoirs publics, c'est afin de partager les difficultés d'un projet dont les faveurs des uns rencontrent leurs opposants. Rien finalement que de très naturel, surtout en période de crise. Gageons que les fêtes de Noel sauront inspirées ces mêmes pouvoirs publics locaux vers plus de compréhension envers un projet qui continue de se développer comme en témoigne les premiers témoignages sur le site Internet qui lui est désormais dédié.