INEXENS

DEFISMED A LA CROISEE DES CHEMINS DES POUVOIRS PUBLICS

25/02/2010 : L'article ci-dessous a suscité une vive émotion de l'une des deux fonctionnaires auxquels je fais référence dans un court passage, si j'en crois son appel téléphonique de ce jour. Celle-ci a décrété que DEFISMED était devenue de ce fait indésirable pour la ville de Nice et qu'elle ne souhaitait plus entretenir de contacts avec moi. Mon sang n'a fait qu'un tour. Est-il exact que j'ai prétendu "supérieur" mon projet à ceux défendus par la ville de Nice ? Ce serait là une inéptie en soi de ma part d'autant plus que je ne connais pas les projets niçois concernés. Est-il offensant de ma part de considérer que ces deux fonctionnaires sont "amis" (car c'est tout ce que je vois comme qualificatif pouvant choquer) ? A tous ceux (hélas sans doute peu nombreux) qui lirez ou relirez cet article, je vous laisse juge de ma maladresse ou pire de l'insulte que je semble avoir proférée en écrivant ces lignes à quelques jours de Noël. Et je suis sincèrement désolé si j'ai offensé cette personne dont je ne doute une nouvelle fois pas de son intelligence et de sa susceptibilité.
Faut-il désormais renoncer définitivement à la participation de la ville de Nice pour ce projet comme je le faisais déjà allusion il y a 2 mois ? Ma rencontre d'aujourd'hui avec un Haut fonctionnaire me convainc que non. Cet homme, bien qu'informé du courroux de mon interlocutrice précitée, m'a assuré de son ouverture au projet et d'une éventuelle participation sous forme d'une animation au festival. Je lui en suis fort gréé même si je sais que, pour cela, DEFISMED, devrai lui apporter des assurances quant à la qualité de son projet.
Alors que je publiais hier sur ce même site un article sur la notion de "dialogue", je ne peux que constater avec amertume combien, malgré mes efforts, je ne parviens parfois pas à l'obtenir sur le terrain. Accusé de faire du "forcing" par cette fonctionnaire en colère, j'ai rappelé modestement à mon interlocuteur de ce jour que le dossier étant entre les mains de la ville depuis 5 mois, ayant pris la peine de la lui remettre 14 mois avant son échéance.
Aux yeux de certains, je manquerai de patience. Je rappelle qu'en tant que, moi aussi, fonctionnaire (en disponibilité), j'ai eu à maintes reprises l'occasion d'expérimenter ce que pouvait signifier "attendre" avec un dossier comme celui de DEFISMED pour une collectivité publique. N'ayant plus eu de nouvelles de mon interlocutrice attitrée depuis début janvier à propos du projet, au moins aurai-je obtenu un contact direct de sa part aujourd'hui qui m'aura permis de connaître le véritable fond de sa pensée. Dommage que ce soit dans cet état d'esprit, ce qui illustre bien mes propos finaux de l'article qui suit.




Depuis plusieurs mois, le projet DEFISMED mobilise un nombre grandissant d'acteurs concernés par l'Euro Méditerranée, principalement concentré à Paris. Chercheurs, responsables de coopérations euro méditerranéennes, dirigeants d'associations, j'ai eu le bonheur de correspondre avec une soixantaine d'interlocuteurs et pouvoir rencontrer certains d'entre eux lors de mes déplacements. Une très grande majorité d'entre eux m'ont affirmé considérer avec intérêt ce projet et le soutenir intellectuellement et moralement. C'est beaucoup et trop peu à la fois. Manquent encore les financements...

Est-ce une trop grand naïveté de ma part, ou bien une confiance exarcerbée dans ce projet (ce qui revient presque à la même chose), mon premier contact avec des fonctionaires de la ville de Nice avait été fort prometteur. Le Directeur du service concerné par DEFISMED m'a accueilli pendant une heure fort constructivement, considérant qu'il ne ferait aucun doute que le ville de Nice et son Maire, M. Estrosi, appuierait une telle initiative. Notre Ministre de l'Industrie n'a-t-il pas exprimé clairement sa volonté de voir sa ville devenir le carrefour intellectuel de la Méditerranée ? Belle promesse en vérité qui n'a fait que décupler ma volonté d'asseoir ce projet dans cette belle ville que j'habite depuis maintenant 9 ans.

Et puis, patatras ! Il se trouve que le Directeur et son assistante qui m'avaient reçu avec tant d'égards se sont vus confiés d'autres missions, laissant le dossier à son sort. Ce sort , semble-t-il, l'a conduit au Cabinet du Maire où la rumeur qui m'est parvenue destinerait DEFISMED à plonger du haut des Calanques grecques, ce qui, pour un projet méditerranéen pourrait être une noble fin, mais qui serait tout de même une fin. Inutile de vouloir vérifier la rumeur et de pénétrer le Cabinet de M. le Maire où bien je risquerai de me retrouver dans la peau de Sysiphe condamné à répéter sans cesse et dans l'indifférence générale le port de son projet sans cesse reconduit à son départ. Parallèlement, la nouvelle Directrice qui remplaça mon interlocuteur précédent, me reçut très vite en compagnie d'un de ses amis, lui-même occupant un poste à responsabilité à la Communauté d'agglomération de Nice. Le ton fut bien différent, bien que fort courtois. Il fallut en quelques minutes que je fasse la preuve devant ces deux personnes que mon projet valait bien mieux que tous ceux qu'ils possédaient dans leur carton et qu'ils jugeaient équivalents au mien. Inutile de le cacher. Je ne fus de toute évidence pas à la hauteur du défi de convertir mes interlocuteurs sceptiques envers DEFISMED. Rien n'y fit, ni l'originalité de projet, ni sa capacité mobilisatrice, pas même son Comité scientifique. La porte ne me fut toutefois pas fermée. Il m'a été demandé de présenter un programme concret démontrant l'ambition affichée du projet, à savoir exposer 12 défis majeurs communs aux rives de la Méditerranée. Ce programme est depuis 10 jours entre leurs mains et j'attends la réaction de mes interlocteurs qui va probablement influer grandement sur la destinée du projet.

Depuis cette péripétie, et après un nouveau séjour à Paris mais également à Aix-en-Provence, je ne cesse de m'interroger sur la bonne orientation du projet. Autrefois certain de sa destination niçoise, force est de constater qu'il ne sera pas si évident de la faire accepter en ce lieu. J'en suis déconcerté, au même titre que l'équipe de DEFISMED qui m'entoure, toute azuréenne. Il nous paraissait tellement évident qu'un tel dossier, brillant et déjà bien avancé, recevrait un tout autre accueil. Pour la première fois, une ville s'afficherait avec le Festival DEFISMED comme la première dans toute la Méditerranée à accueillir des coopérations savantes dans une configuration les invitant à partager leurs recherches avec le grand public. Comment est-il possible de ne pas examiner d'un peu plus près une telle proposition ?

A cela, il existe probablement plusieurs raisons. Celle qui prédomine provient du fait que le projet DEFISMED est très ambitieux, trop peut-être pour des pouvoirs publics invités à déléguer à une association les ressorts d'un événement dont le rayonnement dépassera largement les frontières citadines. Ce ne sont pas les faiblesses du projet qui le remettent en question, mais bien ses atouts.

Dès lors plusieurs questions se posent au porteur de ce projet que je suis. Faut-il renoncer à celui-ci ? Il serait absurde à ce stade de répondre par l'affrimative alors que les partenaires potentiels sont en train d'examiner leur soutien dont une bonne partie a déjà réservé un accueil favorable. Faut-il renoncer à Nice ? Là encore, il serait prématuré de répondre. Les interlocuteurs que j'ai rencontrés sont des personnes intelligentes et ouvertes aux problématiques de la Méditerranée. Tous deux ont déjà de belles expériences dans cette zone géographique. Il m'est impossible de penser que le programme DEFISMED ne les sensibilisera pas. Et puis, il existe des membres du Conseil scientifique et certains interlocuteurs qui auront certainement la possibilité de contacter directement M. Estrosi en faveur de ce projet.

Au risque néanmoins de condamner prématurément un tel projet, je ne peux miser sur Nice seule dont je n'oublie pas que son accueil premier n'a pas été des plus favorables. Plusieurs contacts haut placés m'ont recommandé de me tourner vers Marseille qui est toute indiquée pour examiner un tel projet en tant que carrefour culturel de l'Europe et de la Méditerranée, qui prendra effet officiellement en 2013. Il est vrai que l'offre est tentante.

Si j'ai voulu témoigner ici des interrogations que suscite DEFISMED auprès des pouvoirs publics, c'est afin de partager les difficultés d'un projet dont les faveurs des uns rencontrent leurs opposants. Rien finalement que de très naturel, surtout en période de crise. Gageons que les fêtes de Noel sauront inspirées ces mêmes pouvoirs publics locaux vers plus de compréhension envers un projet qui continue de se développer comme en témoigne les premiers témoignages sur le site Internet qui lui est désormais dédié.

Revue de presse "Science & Société" - octobre 2009

ENVIRONNEMENT 12/10/09 – Téléphones mobiles très mal recyclés en France

PREOCCUPATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES 06/10/09 – A propos du « syndrome du Titanic » 07/10/09 – Plafonner les émissions de CO2 avant 2020 08/10/09 – Un procès complexe avec un militant anti OGM 09/10/09 – Un contrat démocratique entre les citoyens et le développement scientifique 10/10/09 – Manifestations à propos de l’amiante 11/10/09 – Quelle fiabilité des tests génétiques Internet ? 12/10/09 – Les déchets nucléaires incontrôlables ? 13/10/09 – Appel contre les faux médicaments 14/10/09 – Des biocarburants dans le collimateur environnemental 15/10/09 – La responsabilité, notion fondamentale du monde moderne 16/10/09 – En finir avec la faim dans le monde 20/10/09 – Le nucléaire retrouve un second souffle 21/10/09 – Le réchauffement climatique s’est-il arrêté en 1998 ? 27/10/09 – Un mécanisme pervers pour lutter contre la déforestation 28/10/09 – Les OGM bénéficiaires du grand emprunt ? 30/10/09 – Changement climatique et géopolitique

ACTIONS INTERNATIONALES ET NATIONALES 03/10/09 – L’Europe réfléchit à une taxe carbone 07/10/09 – Le Sénat interdit les portables dans les écoles 12/09/09 – Besançon supprime les biberons au bisphénol A 28/10/09 – Lancement du débat national sur les nanotechnologies 16/10/09 – Rien d’alarmant concernant l’exposition aux radiofréquences 21/10/09 – Des préparatifs complexes à la Conférence de Copenhague 22/10/09 – Rapport européen sur les aliments diététiques 28/10/09 – Lancement du débat national sur les nanotechnologies 31/10/09 – Réduire sa consommation d’énergie ou préserver le marché carbone ?

DIVERS

23/10/09 – Les naturalistes retrouvent de grandes expéditions 27/10/09 – Quand académiciens et députés se rencontrent 28/10/09 – La connaissance parfaite est-elle possible ?






ENVIRONNEMENT

12/10/09 – Téléphones mobiles très mal recyclés en France Malgré le fait qu’une contribution environnementale soit intégrée dans le prix de vente des téléphones mobiles, sur les 22 millions d’exemplaires mis en vente chaque année, 9 % seulement son recyclés selon un sondage . De nombreux composants de ces téléphones sont réutilisables. Les opérateurs, quant à eux, offrent de récupérer les mobiles pour les recycler dans les pays en voie de développement.

PREOCCUPATIONS NATIONALES ET INTERNATIONALES 06/10/09 – A propos du « syndrome du Titanic » Nicolas Hulot, président de la fondation du même nom qui milite pour l’écologie, met à profit sa notoriété de producteur et animateur en diffusant dans les salles de cinéma un film sombre sur la situation environnementale actuelle du monde . Le titre du film, Le Syndrome du Titanic, est justifié par son auteur : « Le scepticisme que j'observe chez certains à l'égard du changement climatique revient à naviguer avec un bandeau sur les yeux par temps de brouillard, à fond les manettes dans une mer parsemée d'icebergs » . Si le film n’est guère attractif, le propos est quant à lui clair puisqu’il exhorte les individus à abandonner le mode de vie du « toujours plus » pour promouvoir une « sobriété heureuse ». L’humilité à laquelle il fait appel a-t-il des chances d’être entendu, Néo ? Elle entraîne en tout cas un agacement d’un professeur au CNAM qui s’en explique : « l'écologie politique n'est pas plus scientifique que ne le fut le marxisme, qui pourtant l'a longtemps prétendu et en a retiré, plusieurs décennies, une partie de sa triste légitimité » . D’humilité, le chercheur rebondit en exhortant à son tour Nicolas Hulot à adopter cet esprit, considérant que les sciences aujourd’hui ne maîtrisent pas grand-chose de la complexité du monde dénoncé par le producteur. Et de rappeler les grands progrès apportés par la modernité depuis des décennies, malgré les disparités. Quant au bio, selon le scientifique, rien ne permet de le défendre, au contraire. Il est coûteux et ne démontrerait pas de plus-value concernant son impact sanitaire. Il fustige le procès fait aux OGM qui, selon lui, ont apporté de nombreux bienfaits. Quant à taxer les Français à travers la taxe carbone pour limiter notre pollution, la mesure lui apparaît indécente quant de grands pays continuent de polluer à tout va. Et de conclure sévèrement : « Certes, il faudra bien que l'homme se désapprenne des énergies fossiles, et le plus tôt sera le mieux, mais ce n'est pas en regardant en arrière, ce ne sera pas par la peur et ce ne sera pas non plus par un déversement d'une facile dégoulinade de bons sentiments qui ignorent le débat scientifique et les intérêts de chacun, sinon de tous » . Je ne suis cependant pas certain, Néo, que nous avons dans ce genre de tribune un débat « scientifique » qui soit bien posé, mais bien plutôt l’expression de sentiments personnels.

07/10/09 – Plafonner les émissions de CO2 avant 2020 L’Agence internationale de l'énergie (AIE), dans son rapport 2009, avertit sur la nécessité de voir plafonner la consommation de ressources fossiles avant 2020, sans quoi le dérèglement climatique serait incontrôlable en raison du rejet de CO2 trop important . Chaque année passée sans effort en ce sens entraînera, précise l’AIE, 500 milliards supplémentaires d’investissement. Si, toujours selon ce rapport, 10 000 milliards sont nécessaire dans les 20 ans pour investir dans une politique d’énergies propres, cet investissement sera rentabilisé par les économies faites sur la consommation des carburants. Pour la première fois, les émissions mondiales de CO2 ont baissé de 3 % en raison de la crise, une tendance qu’il faudrait donc poursuivre. Un axe majeur de cette réduction concernant notre mode de vie qui doit passer par des économies d’énergie dans tous les domaines, à commencer par les bâtiments . Pour réduire notre consommation quotidienne, les matériaux et techniques nous y aident, mais il est également nécessaire de changer nos comportements, par exemple en éteignant les appareils électroménagers que nous laissons habituellement en veille . Les entreprises sont également concernées qui engagent des actions en ce sens, notamment à propos de leur centre de traitement des données, source de forte consommation d’énergie .

08/10/09 – Un procès complexe avec un militant anti OGM Si les éléments du procès semblent tous confondre le militant anti OGM auteur avoué de la destruction d’un terrain d’expérimentation en plein air de vigne transgénique, l’affaire s’avère plus complexe qu’il n’y paraît . En effet, cette autorisation d’expérimentation publique a fait l’objet d’une annulation par un tribunal. Il est légitime que la défense du militant précité réclame l’acquittement, ce qui révolte la Présidente de l’INRA conduisant ces recherches : « Les conditions de l'expertise publique se trouvent remises en cause par un acte isolé. Sans données, on ne peut pas débattre, faire vivre la démocratie scientifique » . Démocratie scientifique ? C’est justement là, Néo, que le débat devrait se situer.

10/10/09 – Manifestations à propos de l’amiante Plusieurs milliers de manifestants ont défilé accompagnés de magistrats pour s’opposer à la disparition du juge d’instruction souhaitée par le Président de la République . Les militants contestent cette réforme qui porterait atteinte à tous les dossiers sanitaires sensibles ainsi que l’explique l’un d’eux : « Il s'agit de remplacer le juge d'instruction, qui est un magistrat indépendant, par le procureur, qui dépend du pouvoir politique » .

11/10/09 – Quelle fiabilité des tests génétiques Internet ? Que penser des tests génétiques proposés via Internet afin d’identifier des prédispositions à certaines maladies ? La revue Nature publie l’étude de 4 spécialistes sur un faible échantillon . Les deux sociétés inspectées n’offrent pas les mêmes résultats concernant des échantillons provenant de mêmes patients, parfois en présentant des données différentes jusqu’à 50 %. La cause vient du fait que les sociétés n’utilisent pas les mêmes marqueurs.

12/10/09 – Les déchets nucléaires incontrôlables ? Un reportage destiné à être diffusé ce soir à la télévision montre que les rejets sauvages de déchets nucléaires dans le monde sont loin d’avoir cessé . La France ne semble guère épargnée par cette enquête jusque dans les airs. En réalité, un très faible pourcentage de déchets nucléaires est recyclé, le reste étant stocké ou envoyé en Russie dans des décharges sauvages. La question se pose à nouveau de la gestion de ces déchets dont la maîtrise appartient en totalité à ceux qui les produisent.

13/10/09 – Appel contre les faux médicaments

L’appel lancé hier contre les faux médicaments a été prononcé par Jacques Chirac, l’ancien président de la République française . Il se base sur un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui constate qu’un médicament sur quatre est faux dans les pays en développement conduisant à 200 000 décès évitables. Ce trafic serait en train de dépasser celui de la drogue dans le monde. Selon un expert, à l’image de l’Afrique qui est le continent le plus touché, il est nécessaire de baisser le prix des médicaments pour lutter contre ce marché illicite.

14/10/09 – Des biocarburants dans le collimateur environnemental Le bureau d'étude Bio Intelligence Service (BioIS) vient de rendre un rapport sur les biocarburants et leurs vertus environnementales pour le compte de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) . L’éthanol est le mieux loti. L'éthanol de betterave, de blé, de maïs, en revanche, ne sont pas considérés comme si vertueux que cela en matière environnementale. En tenant compte des terres utilisées, le colza possède un gros déficit puisqu’il entraîne une déforestation en zone tropicale.

15/10/09 – La responsabilité, notion fondamentale du monde moderne Un professeur de philosophie à l’université de Rome explique pourquoi les propos du nouveau président américain lors de son investiture mettant l’accent sur notre responsabilité de citoyen, a fait référence là à une notion moderne et fondamentale : « Dans le monde globalisé, la responsabilité est le vrai nom de ce que les modernes nommaient fraternité » . Dans un monde où chaque action a des répercussions universelles et où il nous est possible d’en avoir conscience, l’adversaire de cette responsabilité collective nous explique le philosophe n’est autre que l’indifférence. Il était bon de le souligner, Néo.

16/10/09 – En finir avec la faim dans le monde A l’occasion de la journée mondiale contre la faim, un éditorial du Monde le rappelle : « Croire que la crise économique est responsable de la faim ou que la Terre ne peut pas nourrir 9 milliards de personnes constituerait une double erreur » . Si une tranche de la population mondiale a bénéficié de la croissance économique, ils sont plus nombreux depuis le début du siècle à souffrir de la faim. Un milliard de personnes désormais sont confrontés à la faim . Selon le quotidien, un des facteurs qui a contribué à cette sinistre situation est l’absence de soutien à l’agriculture dans les pays les plus démunis. Désormais, le phénomène d’obésité dans les pays industrialisés conjugué à la crise climatique nécessite un changement de comportement que ce soit dans notre consommation, mais aussi et surtout dans nos modes de production agricole. L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) vient de réunir une centaine d’experts à Rome pour réfléchir à cette révolution que notre monde doit prendre. Face au changement de mode alimentaire qui nous attend, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad) viennent de rendre un rapport optimiste sur le fait que le monde saura opérer ce grand tournant. Des marges de manœuvre existent, notamment dans l’intensification des rendements dans de nombreux pays où l’agriculture est mal rationnalisée. La sécurité alimentaire sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la FAO le mois prochain. Il va bien falloir nourrir les 9 milliards d’individus d’ici 2050, sans déstabiliser un commerce mondial axé actuellement sur les échanges. Le fait que la population mondiale accroît sa consommation de viande complexifie le problème en entraînant notamment des implications climatiques . Le bétail rejetterait par exemple plus de gaz à effet de serre que nos transports. Selon un observateur, la consommation de viande doit absolument cessé dans les décennies qui viennent. Rien cependant n’en prend le chemin, ni dans les attitudes des consommateurs, ni dans celles des pouvoirs publics.

20/10/09 – Le nucléaire retrouve un second souffle Créer de nouvelles centrales nucléaires ou prolonger celles existantes ? Si l’Asie penche avec la France et les Etats-Unis vers la première solution, la plupart des pays possédant des centrales, y compris ces deux derniers pays, soutiennent un prolongement de vie de leurs centrales . Le coût est très nettement inférieur pour cette dernière solution. Les écologistes considèrent cette voie comme un pis allé et la privilégient également à la construction de nouvelles centrales. Aux Etats-Unis, certaines centrales pourraient ainsi voir leur durée de vie prolonger jusqu’à 80 ans.

21/10/09 – Le réchauffement climatique s’est-il arrêté en 1998 ? Des informations d'équipes britanniques de l'université d'East Anglia et du Centre de recherche climatique de Hadley font actuellement l’objet d’une large diffusion sur Internet et dans les médias, prétendant que depuis 11 ans la courbe moyenne des températures dans le monde aurait très faiblement augmenté . Des observateurs notent immédiatement que les chiffres avancés sont biaisés, ne tenant pas en compte par exemple les températures de l’Arctique parmi les plus fortement en hausse ces dernières années. Néanmoins, ces mêmes observateurs ne voient rien d’étonnant à ce que la hausse des températures soit ralentie comme l’explique un expert : « Avec une croissance estimée à 0,2 °C par décennie, l'augmentation de la température due aux activités humaines peut tout à fait être momentanément "effacée" par la variabilité naturelle du système climatique » . A court terme donc, les températures pourraient même baisser selon des experts. A court terme seulement car, pour ce qui est du long, terme, l’unanimité est quasiment faite entre les scientifiques concernant la hausse globale des températures. De ce fait comme le souligne un éditorial du Monde, il faut souhaiter que les élus de la planète ne privilégient pas ce court terme dans leur politique qui s’assoit sur des élections à brève échéance : « Si, effectivement, le réchauffement marque le pas dans les prochaines années, ils seront en première ligne face à une opinion qui sera toujours tentée d'échapper aux contraintes que la lutte contre le réchauffement climatique implique. La révolution énergétique, la sobriété dans la consommation n'iront pas de soi. Aux politiques d'aider l'humanité à suivre sa pente naturelle. Mais en la remontant » .

27/10/09 – Un mécanisme pervers pour lutter contre la déforestation La communauté internationale réfléchit pour mettre en place un mécanisme financier baptisé REDD : « les pays qui parviendront à freiner le recul de leurs forêts par rapport à une tendance historique recevront de l'argent sous forme d'aide publique ou bien de crédits carbone qu'ils pourront ensuite monnayer » . Un expert conteste l’efficacité de celui-ci et lui préfère une aide publique forte des paysans pour privilégier une agriculture intensive écologique. REDD qui s’intégrerait dans le marché carbone risque de conduire à un système international de corruption avec des fausses déclarations des pays concernés par la déforestation, précise en outre cet expert.

28/10/09 – Les OGM bénéficiaires du grand emprunt ? Alors que le grand emprunt souhaité par le Président de la république française, censé relancer de grands investissements en France, fait l’objet d’une étude, l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV) réclame que les OGM soient bénéficiaires de cet emprunt . L’expert Axel Kahn souligne que « l'humanité n'aura donc pas d'autre choix que de miser à fond sur l'amélioration génétique et notamment sur les OGM. L'enjeu est tel que l'on ne peut dire, comme certains, que l'on pourra a priori s'en passer » .

30/10/09 – Changement climatique et géopolitique L’Institut pour l'environnement et la sécurité humaine de l'université des Nations unies s’alarme à son tour des conséquences humaines concernant le changement climatique . D’ici 2050, 200 millions de réfugiés pourraient émigrer tandis que de nombreux conflits pourraient éclater selon un expert allemand à l’image du Darfour ou du cyclone de la Nouvelle Orléans. Selon lui, les populations les plus aisées restent insensibles à ce type de phénomène comme l’Histoire l’a déjà montré dans d’autres domaines : « L'observation des événements sociaux montre que ce qui était moralement inacceptable quelques années ou quelques décennies auparavant est admis lorsque la situation évolue. L'histoire du national-socialisme en Allemagne en témoigne : en très peu de temps, des gens ordinaires ont changé d'idée sur la manière dont les autres devaient être traités. Ce qui a été possible à l'encontre des juifs en 1941 n'aurait pas été accepté en 1933 » . Il faut selon lui des actions concrètes pour pousser la population à appliquer des mesures de terrain contre le réchauffement climatique et changer notre manière de vivre. L’important est d’investir l’individu : « Une des grandes faiblesses de nos démocraties est que les gens ne se sentent pas investis du pouvoir de faire bouger les choses. Face aux questions graves du changement climatique, nous avons besoin d'une "repolitisation" de la société civile, sous-tendue par des questions telles que "Quelle société voulons-nous pour 2020 ?", sans que celui qui s'interroge ainsi ne se fasse traiter d'utopiste ou de romantique » . Il n’y aura pas que les populations moins développées à se révolter de l’injustice provoquée par le dérèglement climatique. Les jeunes dans les pays industrialisés comprendront également les comptes qu’ils auront à rendre à cause de générations précédentes insouciantes.

ACTIONS INTERNATIONALES ET NATIONALES 03/10/09 – L’Europe réfléchit à une taxe carbone La Commission européenne a évoqué la possibilité d’une taxe carbone applicable pour l’ensemble des pays membres, avis justifié par son commissaire en charge de la fiscalité : « Le fait d'introduire une nouvelle taxe dans l'UE n'a jamais été facile et cela l'est encore moins en période de crise économique et financière, mais il est évident que le changement climatique est un défi mondial aux conséquences plus désastreuses que la crise actuelle » . Les recettes financières ainsi obtenues serviraient à lutter contre le réchauffement climatique. L’agriculture et le transport seraient également visés par cette taxe. L’unanimité des 27 pays est requise et cette proposition est pour le moment loin d’aboutir.

07/10/09 – Le Sénat interdit les portables dans les écoles Dans le cadre du Grenelle 2 examiné au Parlement, le Sénat vient d’interdire l’utilisation des téléphones portables dans les écoles, collèges inclus . D’autres mesures ont été entérinées concernant la protection des consommateurs contre le rayonnement électromagnétique.

09/10/09 – Un contrat démocratique entre les citoyens et le développement scientifique Constatant que de nombreux pays réforment l’éducation scientifique vers un rapprochement entre les citoyens et la Recherche, une inspectrice générale de physique commente le numéro spéciale d’une revue internationale sur l’éducation qui concerne ce sujet : « Former des citoyens éclairés, aptes à débattre des choix cruciaux qui sont devant nous en matière de sources d'énergie, de biotechnologies, de santé, d'accès à l'eau et à la nourriture au-delà des peurs et des croyances : voilà le défi » . La démarche scientifique est au cœur d’un réapprentissage dès le plus jeune âge. Nous sommes loin d’une assimilation passive de formules toutes faites. La Chine et l’Inde prônent un « développement social durable » avec ce type d’enseignement scientifique.

12/09/09 – Besançon supprime les biberons au bisphénol A La ville de Besançon a décidé de mettre à disposition de toutes les crèches de nouveaux biberons, et remplacer tous ceux contenant du bisphénol A . Cette substance chimique fait l’objet de soupçons à travers certaines études scientifiques montrant qu’elle pourrait être un perturbateur endocrinien avec en conséquence un impact sanitaire nocif sur les enfants. Au cœur de cette controverse internationale, les parlementaires français vont examiner une loi interdisant l’utilisation de ces biberons. Reste que la population utilise toujours largement ces derniers, à l’image des crèches des principales villes françaises qui ont renoncé à renouveler leur stock mais conservent ceux existants.

16/10/09 – Rien d’alarmant concernant l’exposition aux radiofréquences L’Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) vient de rendre son rapport à propos de l’exposition aux radiofréquences et conclut, après un an d’étude, que : « Les données issues de la recherche expérimentale disponible n'indiquent pas d'effet à court terme ni à long terme de l'exposition aux radiofréquences » . Sur les 225 études analysées, celles montrant des effets néfastes ont été jugées généralement comme manquant de rigueur. La plupart des études rigoureuses ne montrent aucun effet négatif sur l’animal ou l’homme. Seuls les téléphones mobiles et leur durée d’utilisation dans le temps font l’objet de recommandations dans la poursuite des études sur une éventuelle toxicité. Pour la première fois, l’Afsset a élargi son panel d’experts à des représentants des sciences humaines et invite les associations de défense des consommateurs à observer les travaux. Certaines zones d’ombre sont toutefois reconnues par l’Afsset dans son rapport . A l’instar de la durée d’exposition, le cumul des expositions et l’environnement professionnel ou collectif ne permettent pas en l’état actuel des connaissances de se prononcer avec certitude sur la situation sanitaire des personnes concernées. Les associations écologistes ont naturellement protesté contre ce rapport, le jugeant partial . Néanmoins une majorité d’entre elles se félicitent de constater certaines avancées dans ce rapport et notamment le fait que l’Affset préconise de réduire le niveau d’exposition aux radiofréquences et reconnaisse que 11 % des études reconnaissant des effets négatifs aient été validées . Le Comité opérationnel chargé de tester cette baisse de niveau d’exposition aura un rôle majeur à jouer, Néo.

21/10/09 – Des préparatifs complexes à la Conférence de Copenhague Le compte à rebours se poursuit à six semaines de la conférence sur le climat de Copenhague, et les pourparlers internationaux sont bien loin de rassurer sur les avancées majeures attendues par ce rendez-vous. L’Europe et ses 27 pays membres ne trouvent pas de consensus pour doter les pays en développement de fonds contre le changement climatique . La Chine, représentante de nombreux pays en développement, a exhorté les pays industrialisés à respecter leurs engagements de réduction de rejet de CO2, sans quoi aucune discussion ne sera possible à Copenhague . Les Etats-Unis sont visés, pays qui refuse toujours actuellement à obéir à des contraintes chiffrées. De l’autre côté, les pays industrialisés dans leur ensemble se refusent à aider financièrement les pays en voie de développement si ceux-ci, à leur tour, ne s’engagent pas précisément sur leur réduction de rejet de gaz à effet de serre. C’est là un bel exemple de serpent qui se mord la queue, Néo. En remettant le Prix Nobel de la paix au président des Etats-Unis, le Comité n’a-t-il pas cherché à sensibiliser un peu plus le chef de l’Etat à prendre position vers plus d’ouverture ? Après deux semaines de négociations à Bangkok sous l’égide de l’ONU, les enjeux ont été identifiés, mais la confusion n’a pas été évitée, entraînant le président de la commission européenne à constater que le monde était « dangereusement proche d'une impasse » . Des propos qui sont confirmés par l’un des hauts responsables de l’ONU constatant que les négociations ne pourront pas avancer si les responsables politiques ne s’engagent pas : « Le fait est que si nous ne voyons pas d'avancées sur les points politiques clés (...), il va devenir très difficile pour les négociateurs de poursuivre leur travail dans un climat constructif » . Devant tant de confusion, les militants de Greenpeace ont occupé le toit de Parlement britannique afin d’alerter les dirigeants sur la gravité de la situation et les enjeux de Copenhague .

22/10/09 – Rapport européen sur les aliments diététiques Notre société actuelle, Néo, ne peut échapper en faisant ses courses alimentaires aux publicités "light", "riche en fibres" ou "renforce les défenses naturelles de l'organisme" affichées sur certains produits. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné plus de 200 aliments prétendus diététiques afin d’en vérifier la véritable teneur . Un tiers d’entre eux a été validé, et notamment « allégations qui concernent les fonctions des vitamines et des minéraux, les fibres alimentaires, les acides gras destinés à maintenir le niveau de cholestérol et les chewing-gums sans sucre destinés à préserver la santé dentaire » . Faute d’informations suffisantes, la moitié des produits examinés ont été rejeté. La Commission européenne va désormais interdire certaines de ces publicités concernant ces produits, après avoir étudié plusieurs milliers d’allégations.

28/10/09 – Lancement du débat national sur les nanotechnologies Pendant 4 mois le grand public va pouvoir débattre sur les nanotechnologies, et ce à partir de ce jour. Telle a été la décision de 7 ministères qui ont saisi la Commission nationale du débat public (CNDP) . 17 réunions publiques se tiendront en France. Une commission indépendante veillera au bon déroulement des débats dont le président annonce déjà les grandes questions : « la répartition des crédits entre recherche fondamentale, recherche appliquée et recherche toxicologique ; la protection des travailleurs ; ou la réglementation sur les nanoproduits durant leur cycle de vie et une fois qu'ils sont devenus des déchets » . Selon lui, ce débat est encore d’actualité tant les développements des nanoproduits sont amenés à être grands. L’ampleur d’un tel débat est inédite dans un pays à propos de ce sujet. Il pourrait influencer le débat parlementaire européen. Parallèlement, deux ONG internationales ont tenu à avertir sur les tromperies qu’incarneraient les nanotechnologies : « La "face cachée" du coût environnemental de la production de nanomatériaux (tels qu’une demande accrue en énergie et en eau) est rarement reconnue, alors que leurs "bénéfices" affichés sont souvent exagérés, non testés et, dans un grand nombre de cas, à des années de pouvoir être concrétisés » . Actuellement les nanotechnologies produisent plus de déchets qu’elles ne créent d’apports environnementaux. Beaucoup d’observateurs estiment que les études urgentes doivent se porter sur l’éventuelle toxicité des nanoparticules, accusées notamment de détruire l’ADN. Une étude a déjà permis de montrer un lien entre des maladies pulmonaires et des ouvriers travaillant dans ce domaine. De son côté, la commission royale britannique sur la pollution environnementale constatait que les nanoparticules s’accumulent dans l’environnement. Selon une fondation américaine spécialisée, 58 000 tonnes de nanomatériaux s’accumuleront dans les 10 années à venir. Les ONG réclament que les nanoproduits soient testés par la Commission européenne avant leur mise sur le marché, à l’image de Reach pour les produits chimiques, même si ce dernier est inadapté aux premiers. Elles regrettent que la quasi-totalité des fonds sur les nanotechnologies ne soient attribués qu’à leur développement et non leur contrôle. Les ONG dans leur rapport concluent ; « Les nanotechnologies sont un exemple de réponse technologique à des problèmes qui requièrent, en réalité, des réponses sociales, économiques et/ou politiques » .

La première réunion publique du débat national sur les nanotechnologies vient de se tenir à Strasbourg et les questions n’ont pas tardé de la part notamment des associations . Outre l’intérêt de tels débats dès lors que les nanoproduits sont déjà entrés dans notre consommation, les interrogations portaient sur le peu de recherche sur l’impact sanitaire de ces nanoparticules. Des chaussettes par exemple en possèdent pour éliminer les mauvaises odeurs, avec des nanoparticules évacuées au lavage dans la nature sans aucune analyse d’impact. Une experte rappelle la difficulté de débattre des nanotechnologies dont la notion et les applications échappent au grand public . Néanmoins les sociétés civiles s’organisent face à l’invasion des nanoproduits.

31/10/09 – Réduire sa consommation d’énergie ou préserver le marché carbone ? La Consommation européenne axe sa lutte contre le réchauffement climatique sur le marché carbone qu’elle a mis en place. Une révélation d’un député vert montre que cette politique peut conduire à des décisions paradoxales . Le président de la Commission européenne aurait bloqué une action d’économie d’énergie sous prétexte qu’elle porterait atteinte à ce marché carbone qui est encore loin d’avoir fait ses preuves semble-t-il. Le journaliste s’interroge sur l’esprit du système : « Le problème de fond est qu'il revient à confier la gestion de la lutte contre le changement climatique à l'industrie financière », industrie qui a conduit le monde à la crise actuelle .

DIVERS 23/10/09 – Les naturalistes retrouvent de grandes expéditions Le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et l'organisation non gouvernementale Pro-Natura international relancent de grandes expéditions de naturalistes pour explorer les régions méconnues que sont « les forêts sèches du nord du Mozambique et les eaux froides de l'extrême sud de Madagascar » . Des milliers d’espèces sont à découvrir nécessitant une identification longue.

27/10/09 – Quand académiciens et députés se rencontrent L’Académie des sciences a organisé en mars dernier son jumelage incitant députés et scientifiques à se rencontrer . En petit Comité, la rencontre a été fort appréciée. Dans l’hémicycle en revanche, l’impression a été désolante face au « cirque » qu’ont pu témoigner les chercheurs inquiets de l’image donnée par les élus auprès des jeunes.

Des débats publics "pour se faire plaisir" ?

Dans quelques jours, j'aurai le plaisir d'animer pour la 2e année consécutive les rencontres "Science & Société" organisé par Scientipole et consacré cette fois à "Nourrir la planète aujourd'hui et demain". Cette animation d'un événement au programme de grande qualité succède à deux autres sur la Côte d'Azur cette fois. Dimanche dernier, j'ai animé pour l'association SAPIENCE la 3e édition du Forum "Les religions à l'épreuve de la science" consacré à la bioéthique avec un représentant de chaque communauté religieuse. Le débat a été jugé par la cinquantaine de spectateurs, qui avaient bravé l'alerte orange météorologique, comme remarquable. Tout aussi remarquables ont été les deux débats du 7e Forum "Sciences & défis du XXIe siècle" dans les conditions que j'ai précisées.

De l'avis de la plupart des témoins de ces Rencontres, il est toujours aussi navrant de constater que les pouvoirs publics sur le territoire desquels se déroule ces débats ne s'enthousiasment pas à leur égard. Faible communication, absence des élus (si l'on excepte tout de même la présence du Député Maire Jean Léonetti à Antibes dimanche dernier, mais bien seul), absence des médias, force est de constater qu'il n'est guère aisé de mobiliser un public nombreux. A tel point qu'une des fondatrices de SAPIENCE est convaincu "qu'il faut arrêter de se faire plaisir". Ses propos désabusés sont sévères et en un certain sens pourraient paraître légitimes. D'un Forum annoncé, les débats en deviennent des réunions confidentielles dont l'affluence ne serait guère enviée d'un "café philo".

Pourtant, cet état des faits m'exaspère. Et ce n'est pas le réconfort de certains intervenants me confiant qu'une majorité de débats dans toute la France ne mobilise pas non plus qui va changer. Il est certain que les organisateurs dont je fais partie sont responsables d'une partie de ce "désert des assistances" en ne consacrant pas aux événements la communication qu'ils méritent. Nous vivons dans une société où le marketing et la publicité sont rois. A l'exception des réseaux bien constitués qui rassemblent aisément, toute initiative nouvelle doit être accompagnée d'une stratégie de communication professionnelle si on la destine à un succès populaire.

Faut-il dès lors renoncer à consacrer la majeure partie du budget d'un Forum tel que celui consacré aux "sciences et défis du XXIe siècle" à sa programmation et à la qualité de son organisation, pour privilégier son retentissement à travers une campagne publicitaire tapageuse et des titres de débats sensationnels ? Mon exaspération se situe bien là, au coeur d'une société qu'il est quasiment impossible de sensibiliser si l'on ne possède pas le concept marketing et les moyens importants qui doivent nécessairement l'accompagner. Un récent reportage télévisé révélait que la Croix rouge avait vu les dons qui lui sont destinés doubler après que le manequin Adriana Karembeu ait accepté bénévolement de lui prêter son image sensuelle dans des spots télévisés.

Dans ces conditions, la morale de cette amie concernant nos actions n'est-elle pas justifiée ? Faut-il renoncer sous prétexte que "nous nous ferions plaisir" ? Peut-être sont-ce là des propos que des artistes aboutis ont tenu durant la première phase de leur carrière, à l'image d'un Yannick Noah chantant devant 10 spectateurs, lui qui prépare Le grand Stade. Certainement que des humanistes tels que Henri Dunant, créateur de la Croix rouge, se sont répétés de tels propos alors même que leurs oeuvres tentaient de se développer dans l'indifférence générale.

Les débats que j'organise ne sont pas La Croix rouge et je ne suis pas Yannick Noah. Néanmoins, j'ai bien conscience que les propos que j'écrivais il y a bientôt deux ans sur la science citoyenne sont d'une brûlante actualité. Il ne s'agit pas seulement de moyens de communiquer, mais bien de volonté d'entendre cette communication. Au fond, combien sommes-nous à souhaiter discuter avec des experts sur notre devenir ? Quelle part cette "société" représente-t-elle réellement pour accepter de dialoguer avec un monde de chercheurs dont les capacités de changer notre existence ne cessent de s'accroître ?

Les débats que j'organise et anime, aux côtés de nombreux autres tout aussi confidentiels, ont le mérite d'exister, de se perfectionner et d'être disponibles à une société en proie aux doutes et aux angoisses. Nul doute qu'ils retiendront, rapidement je l'espère, l'attention de ceux qui décideront d'abandonner leurs habits d'assistés plaintifs pour se doter d'une conduite plus citoyenne et constructive. Et si je ne dispose pas du soutien d'Adriana Karembeu (au grand soulagement de ma conjointe) pour ma campagne, ma conscience me dicte la persévérance suffisante pour mener jusqu'au bout ces actions de démocratie participative inhérentes au nouveau monde que nous nous forgeons.

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