Avais-je seulement envisagé un échec populaire de cette 2e édition du Forum "Les religions à l'épreuve de la science" à Nice ? Je surfais encore sur la vague du succès de "La nuit européenne des chercheurs" et j'avoue que j'étais pas encore complètement revenu sur Terre avec le commencement 8 jours plus tard d'un Froum qui, je le sentais autour de moi, ne faisait pas l'unanimité.
Le samedi matin, le débat sur la thématique des miracles a réussi à réunir plus de 200 personnes. Le lendemain, Darwin et la discussion sur l'évolution en attirait presque 300. Ces résultats, je le rappelle, sont le fruit d'un événement dont la communication demeure très modeste, sans aucune affiche et une faible médiatisation. Au-delà de ces chiffres, beaucoup ont pu confirmer mon sentiment d'avoir vécu des débats de haute facture, ne laissant aucune concession aux idées reçues et poncifs. Le public, en ressortant de cette magnifique salle du Centre universitaire méditerranéen, a découvert de nouveaux terrains de réflexion sur des sujets habituellement prisonniers des passions.
J'ignore encore si ce Forum aura un avenir et s'il pourra poursuivre son développement. Mais la présence des deux rabbins au côté d'un prêtre ce dimanche 5 octobre a vu se concrétiser un voeu personnel déjà ancien, celui de rassembler des représentants d'obédiences religieuses différentes pour dialoguer sur leurs savoirs mais également leur ignorance. Une ignorance qui, comme l'a magnifiquement souligné le philosophe Jean-François Mattéi, ne doit pas être confondue avec l'absence de pensée. De même que le fait de savoir ne signifie pas penser.
Nous pouvons affirmer que ce week end a vu triompher une manière de penser plutôt qu'une manière de diffuser des savoirs. C'est là le coeur des débats que j'essaie de monter et qui invite à une réflexion sur le sens de notre vie. A l'heure où notre monde traverse de gigantesques tumultes, il est vraiment temps d'y penser.