Je me souviendrai longtemps, concernant la préparation de cette première Nuit européenne des chercheurs, de l'incertitude qui m'a envahi les jours et les heures qui ont précédé cette manifestation, à propos de la météorologie. Quel temps allait-il faire ce 26 septembre ? La semaine précédente, de fortes averses avaient arrosé la Côte d'Azur qui n'en avaient pas vu depuis plusieurs semaines. Le temps changeant se prolongeait en ce début de semaine. Si les bulletins météo du lundi et mardi se montraient optimistes, il n'en était plus de même par la suite. Compte tenu de ces caprices météorologiques, fallait-il prendre le risque de maintenir la manifestation à l'extérieur comme c'était initialement prévu ? N'était-il pas plus sage de consacrer la 2e partie de la soirée dans la magnifique salle Linné du parc Phoenix ? Certes, mais alors nous aurions été contraint de nous couper des stands et de l'animation de la 1ère partie.
A 15 h, ce vendredi 26 septembre, un orage éclatait sur le Parc. Je consultais les uns et les autres qui me rendaient des avis partagés. A 16 h il fallait prendre une décision, les prestataies attendant pour monter le podium et brancher l'éclairage. Dans 2 heures, le public entrerait. J'ai tranché après avoir une ultime fois consulté. Nous maintiendrons la manifestation à l'extérieur. Le temps se dégageait mais demeurait incertain. Si la pluie s'abattait à nouveau, la soirée serait perdue.
A 18 h, le public a commencé à entrer sous le soleil. A 20 h, un orage a grondé à quelques kilomètres du parc, vers Villefranche, mais il n'est pas parvenu jusqu'à nous. Malgré l'humidité de la fin de soirée qui nous imprégnait jusqu'aux os, la manifestation s'est déroulée comme prévu.
Et le public ? Est-il finalement venu en nombre avec autant d'incertitudes ? Et bien oui. Nous avons distribué plus de 1 000 programmes et nous sommes restés en rupture de stock. Près de 2 000 personnes dont de nombreux enfants se sont déplacés. Qui a dit que la science n'attirait plus ?
La morale de cette histoire, s'il y en a une, c'est qu'on a beau invoquer tous les principes de précaution du monde, il y a toujours un moment où il faut trancher. Opter pour la salle était une décision de précaution appauvrissant la dimension de l'événement. Maintenir la soirée à l'extérieur était prendre un risque non maîtrisé, mais payant.
Comme quoi, même doté d'une science parfois aléatoire (la météorologie), il est possible d'aller de l'avant. Et pourtant, dans d'autres circonstances comme celles que nous imposent l'irruption des OGM par exemple, je doute qu'une telle régle s'applique aussi aveuglément. Tout réside bien dans le débat et son contexte. L'orage est passé tout près ce 26 septembre. Qu'en ira-t-il pour les prochaines années ?