Une nouvelle fois une avancée scientifique se voit utilisée par un pouvoir politique comme base d'une action politique majeure. Le gouvernement français a choisi, dans sa lutte contre l'immigration clandestine, d'intégrer une mesure faisant appel à la génétique. Une loi va permettre aux services de l'immigration dans notre pays de vérifier scientifiquement si les membres d'une même famille regroupés en France sont bien génétiquement parentés.
Je ne vais rentrer ici dans le débat de fond qui mériterait un développement conséquent dont on peut découvrir les débats polémiques dans les médias quotidiennement. Ce que je souhaite que le grand public retienne une nouvelle fois, c'est l'impact qu'une innovation scientifique peut prendre dans notre existence de tous les jours, jusqu'à modifier les règles qui régissent notre communauté. Les avancées de la génétique permettent aujourd'hui de pouvoir identifier une personne à travers son ADN. Jusqu'à présent, les médias se faisaient l'écho de progrès policiers pour identifier un meurtrier ou délinquant après qu'il ait laissé sur le lieu de son forfait un peu de son patrimoine génétique (sang, sperme,...). Demain, il faudra compter sur des services administratifs qui pourront enquêter dans des familles pour vérifier leur compatibilité génétique.
Et après-demain ? Quellles nouvelles avancées scientifiques pourront être exploitées par une autorité politique pour édicter une règle bousculant notre mode de vie ? On imagine déjà combien les RFID occasionneront bien des débats comme sucite déjà l'utilisation du DPI pour diagnostiquer préventivement une prédisposition à un cancer chez des embryons.
Une nouvelle fois, il ne s'agit pas de contester les avancées scientifiques mais de s'interroger sur leur encadrement et leur maîtrise. Les dérives peuvent être là où on ne les imagine pas, dans des recoins administratifs poussiéreux et indifférents. Témoin cet article publié par Le Courrier international (20/09/07) dans lequel The Independant révèle qu'en Grande-Bretagne "la base ADN nationale contient plus de 500 000 noms faux, mal orthographiés ou incorrects". Une enquête parlemenaire est réclamée. On devine les conséquences d'un tel état de fait où, du jour au lendemain, un individu pourraît être suspecté de crime parce que l'ADN du meurtrier présumé figurerait sur la fiche de cet individu, par erreur.
Il y a quelquefois des informations anecdotiques qui vous glacent ... votre ADN.